Élection d’Antoine Valentin : un proche de Pierre-Edouard Stérin élu député en Haute-Savoie
Ce dimanche 1er février 2026 se déroulait le second tour de l’élection législative partielle dans la troisième circonscription de Haute-Savoie, gagné par Antoine Valentin.
Alors qu’elle enchaînait son troisième mandat de député, Christelle Petex a démissionné en novembre 2025, fatiguée de la politique politicienne et des menaces qu’elle recevait. Depuis, le siège était vacant.
Onze candidats étaient sur la ligne de départ, seuls deux ont réussi à franchir le cap du premier tour : Christophe Fournier pour Les Républicains et Antoine Valentin pour l’UDR, dans un contexte de très forte abstention. Les élections partielles peinent toujours à mobiliser les foules.
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Victoire de l’UDR face au double discours des Républicains
Pour soutenir leur candidat, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau avaient mis leurs rancunes de côté, pour s’afficher aux côtés de Christophe Fournier. Cela n’a pas suffi et pour cause : Les Républicains tiennent un double discours.
Ils disent ne pas faire partie de la majorité présidentielle, tout en ayant des ministres issus de leur parti, refusent de voter la censure du gouvernement, tout en fustigeant un mauvais budget, qualifié de socialiste.
Dès lors, les électeurs ont préféré envoyer un député dont ils sont sûrs qu’il votera les motions de censure qui seront examinées lundi 2 février 2026, à partir de 17 h.
Profil d’Antoine Valentin et ancrage dans la troisième circonscription
Cependant, le vainqueur du scrutin n’est pas un néophyte de la politique. Élu maire en 2020 de la ville de Saint-Jeoire, il se présente aux élections législatives de 2024. Christelle Petex bénéficie d’un front républicain, ce lui permet de distancier Antoine Valentin, alors qu’il était arrivé en tête au premier tour.
Sur le site de la mairie de Saint-Jeoire, il se présente comme entrepreneur.
Il est à la tête de deux entreprises : Bellavallis, créée en mars 2024 et l’Institut de formation et de promotion de l’engagement local, dont il est le dirigeant et dont le siège social se trouve au même endroit que Politicae, une association qui se présente comme un collectif non partisan de maires et de citoyens engagés, créée en janvier 2025.
L’agent de Pierre-Edouard Stérin et du projet Périclès
Politicae fait partie du projet Périclès, ce qui n’a pas été démenti par Antoine Valentin lui-même, lorsque nos confrères de l’Humanité lui ont demandé à hauteur de combien Pierre-Edouard Stérin finançait l’association « À l’Humanité, Antoine Valentin ne dévoile pas le montant de l’aide de Stérin, mais décrit une “enveloppe prévisionnelle débloquée entre janvier 2024 et mars 2026” ».
Le projet Périclès est un plan stratégique visant à infiltrer tous les échelons du pouvoir, prévoyant de déployer 150 millions sur dix ans, afin de financer des initiatives alignées sur les intérêts de l’extrême-droite, le tout dirigé par Pierre-Edouard Stérin, un homme d’affaires assez prospère.
Les députés de La France Insoumise avaient déposé une demande de création de commission d’enquête autour de ce sujet, sans résultat. Cependant, lors de la commission d’enquête sur l’organisation des élections en France, le projet Périclès était revenu sur la table, lors de l’audition d’Arnaud Rérolle, dirigeant de Participations et Investissements Rive Droite, avec Graal Holding et apparemment actionnaire de l’Institut de formation et de promotion de l’engagement local.
Arnaud Rérolle a indiqué que Périclès soutenait Politicae.
Renfort médiatique pour le groupe d’Éric Ciotti
C’est donc un familier de l’empire Stérin qui entre à l’Assemblée nationale et un habitué des médias, tels que Sud Radio, RMC, le FigaroVox ou Valeurs Actuelles.
Une jolie victoire pour Éric Ciotti dont le groupe souffre d’un déficit de figures médiatiques. Certains disposent d’une petite notoriété, tels qu’Alexandre Allegret-Pilot, mais c’est surtout pour ces tweets et pour sa mise en cause dans une affaire de corruption.
Les deux se connaissent d’ailleurs bien : on a tendance à l’oublier, mais Alexandre Allegret-Pilot a été parachuté dans le Gard.
Cumul des mandats et revendication d’un temps partiel
Le groupe repasse donc à 17 membres.
Le nouvel élu a déjà indiqué qu’il ne comptait pas abandonner sa mairie, en dépit de la loi sur le non-cumul des mandats. D’après nos confrères du Monde, il demandera à son successeur une délégation générale, identique à celle de maire, assurant que son activité de député ne l’occupera que deux jours par semaine.
La loi lui laisse un délai d’un mois pour choisir entre les deux mandats.
C’est donc un député à temps partiel qui fera sa rentrée cette semaine.
