Les avocats en colère : panorama photo
La quasi-totalité des avocats sont grève, en réaction au projet de loi SURE, présenté par Gérald Darmanin. Ce texte prévoit une procédure de plaider-coupable en matière criminelle. La plupart des barreaux ont entamé un mouvement de grève et la conférence des bâtonniers, association regroupant les ordres de province et des outre-mers avait appelé à un rassemblement devant le Sénat, ce lundi 13 avril 2026.
En effet, c’est d’abord au Palais du Luxembourg que le texte est examiné pour ensuite atterir devant les députés.
La commission des lois a quelque peu amendé le texte, il démarrait son examen en hémicycle le 13 avril 2026
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Nous avons suivi ces professionnels du droit en colère et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont été très créatifs dans leurs slogans, que l’on vous propose de découvrir.

























Le point de vue du bâtonnier du Havre
Le barreau Havre était présent et nous avons pu interviewer son bâtonner : Agathe Loevenbruck.

« Il n’y a rien à garder dans ce projet. On peut ouvrir et discuter, mais la principale préoccupation des avocats, c’est le respect des libertés et des droits. À travers plusieurs articles, il y a des atteintes diverses et variées, aux droits et aux libertés de chacun, de chacun citoyen, de chaque justiciable. Donc, il n’y a rien à garder. On peut ouvrir la discussion, c’est évidemment ce que l’on demande. Mais, en réalité, s’il s’agit de porter atteinte aux droits des gens, comme le propose M. Darmanin, ce n’est pas négociable ».
Est-elle satisfaite des quelques avancées qu’ont pu obtenir les rapporteurs au Sénat, notamment l’extension de dix à quinze jours pour les victimes pour s’opposer à la procédure de plaider-coupable ?
« C’est une blague ! De dix à quinze jours, c’est une blague, ça va changer quoi les cinq jours ? On est en train de parler de quelqu’un, qui a été victime, qui été violé quelques années avant, qui a suivi une instruction de plusieurs années et à la fin, on va lui dire “voilà, madame, est-ce que vous acceptez (je dis madame parce que bien évidemment, c’est la majorité des cas [NDLR : en matière de viols]), vous avez quinze jours pour nous dire si vous refusez le plaider-coupable criminel”. »
Pour la bâtonnière, le consentement de la personne n’est pas réel dans cette situation. « Un consentement, ce n’est pas ne pas dire oui justement ».
« Un consentement, c’est libre et éclairé, on n’est pas libre et éclairé, soit quand on est un accusé à qui on dit “vous serez jugé dans cinq ou six ans ou dans un mois”, on n’est pas libre au consentement quand on est une victime et qu’on vous met la pression de dire “soit il y a un jugement dans un mois soit, ce sera dans trois ans, quatre ans, cinq ans” et il faudra rester dans le même statut de victime en attente d’un procès. Donc, non, ce n’est pas un consentement libre et éclairé. C’est faux de le dire et c’est faux de dire que c’est pour le respect des victimes ».
Les avocats doivent décider de la suite. Certains barreaux sont entrés en grève illimitée et il est assez probable que d’autres actions soient menées, notamment lorsque le texte arrivera au Palais Bourbon.
