Budget 2026 : Budgetus interruptus bis repetita
Alors qu’il restait 2300 amendements environ, le ministre des Relations avec le Parlement est intervenu devant la représentation nationale pour interrompre les débats sur le budget 2026. Encore.
Constatant que les députés s’éloignaient d’un texte de compromis acceptable par une majorité de députés et de la cible d’une réduction des déficits, Laurent Panifous a indiqué que le Premier ministre, demain, vendredi 16 janvier 2026, travaillera sur une promugation d’un budget de compromis.
Parmi les éléments problématiques figure le financement des collectivités territoriales. Grâce à des amendements du RN, certains financements ont été supprimés.
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La question du statut du bailleur privé a aussi été soulignée par le ministre, comme étant non résolue.
Mercredi, profitant d’une forte démobilisation des députés, le Rassemblement national a ainsi fait adopter une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement. Un vote qualifié d’« ubuesque » par Régions de France, tant il tranche avec les équilibres budgétaires affichés par le gouvernement.
Or, si le groupe de Marine Le Pen a été amplement mobilisé, les autres bancs étaient particulièrement dépeuplés depuis mercredi. En effet, beaucoup de députés sont repartis dans leurs circonscriptions, soit pour des cérémonies de vœux, soit pour faire la campagne des municipales de mars 2026.
Jeudi 15 janvier 2026, nouveau revers pour l’exécutif : l’amendement instaurant une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, censée rapporter 6,3 milliards d’euros en 2026, a été nettement rejeté. Or cette mesure constituait l’un des piliers des discussions engagées avec le Parti socialiste, qui réclame des recettes supplémentaires afin de limiter les coupes dans les dépenses publiques.
Quant à ceux qui étaient restés en séance, ils étaient très distraits, au point que le président de séance a dû procéder à plusieurs rappels, les appelant à voter « on ne va pas déranger le selfie de monsieur Midy » a-t-il lancé ironique. Certains ont à peine levé le nez de leur téléphone portable ou de leur ordinateur durant la séance.
Les députés sont donc en week-end.
Ils reprendront lundi après-midi, avec un débat sur le rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales.
C’est mardi qu’ils sauront ce que fera le Premier ministre. « Il y aura certainement des négociations jusqu’à mardi », nous indique un cadre de la majorité présidentielle.
Le Premier ministre se laisse ce week-end pour trancher l’outil parlementaire qu’il comptera utiliser pour achever les débats budgétaires.
Le budget a été retiré de l’ordre du jour.
Le latin de cuisine utilisé pour faire le titre est parfaitement volontaire.
