On a plongé dans le PLF 2027 et on est en mesure de vous dire qui seront les ménages gagnants et les ménages perdants dans cette dernière copie budgétaire de la décennie Macron.
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Budget 2027 : qui sont les gagnants et les perdants du PLF 2027 ?

Grâce à nos confrères de POLITICO et de Contexte, nous avons pu découvrir en avant-première le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027.

Pour cette dernière année du second quinquennat d’Emmanuel Macron, l’exercice était assez périlleux. Sébastien Lecornu doit tenir compte du poids de la dette sans pour autant mettre toute la France dans la rue.

Nous avons décrypté le PLF. Le budget de la Sécurité sociale sera analysé dans un autre article. Nous avons volontairement centré notre papier sur les mesures concernant les particuliers.

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Les gagnants du PLF 2027

Bonne nouvelle si vous payez l’impôt sur le revenu : le barème sera actualisé pour tenir compte de l’inflation. En effet, surtout pour les salariés modestes, une non-indexation aurait signifié, soit une entrée dans l’imposition, soit un changement de tranche. Les allocataires du RSA, de l’allocation adulte handicapé (AAH), du minimum vieillesse et de l’allocation sociale spécifique (ASS) verront aussi leur aide revalorisée sur l’inflation.

Les parents vont avoir une bouffée d’air frais. Aujourd’hui, quasiment tous les Français sont confrontés à des problèmes de logement, qu’il s’agisse de la location ou d’un achat. Un rapport de l’Assemblée nationale avait démontré que le logement était devenu le meilleur contraceptif du marché. Le gouvernement propose donc une aide pour les parents : le Prêt à Taux Zéro (PTZ) parentalité. Si vous avez un enfant à naître ou un enfant déjà né de moins de 3 ans, sous conditions de ressources, vous pourrez demander un PTZ. Il pourra être cumulé avec un PTZ « classique ».

Cela a amplement été dit : les retraités ont une épargne supérieure à celle des actifs. Pour favoriser la transmission, les personnes de moins de 50 ans qui recevront un don en argent jusqu’à 50 000 € seront exonérées d’impôts sur cette somme. Si elles reçoivent plus et sous le seuil de 100 000 €, la taxe est portée à 6 %.

Cependant, cette contribution sera minorée à 5 % si le bénéficiaire verse 1,1 % à une association d’aides aux démunis ou aux victimes de violences conjugales. C’est aussi une façon pour le gouvernement de « rattraper » l’un des effets de bord de la suppression de l’ISF. Afin d’alléger la note fiscale, les contribuables à l’ISF faisaient des dons aux associations. Avec la transformation de l’ISF en IFI, les associations ont noté une baisse des dons.

Cela avait été annoncé à la fin du mois de septembre : la prime carburant sera portée à 1 000 €. Il s’agit d’une somme, défiscalisée et désocialisée, que l’employeur peut verser à un salarié, s’il doit utiliser son véhicule personnel pour se rendre sur son lieu de travail.

Autre annonce de septembre, matérialisée dans le budget : l’extension du nombre de bénéficiaires du chèque énergie, afin de permettre une meilleure détection.

Les députés et sénateurs des territoires d’outre-mer le demandaient depuis que la fiscalité sur l’aviation avait été alourdie et il semblerait qu’ils aient enfin été entendus : différentes réductions de taxes pour les vols depuis et vers les territoires ultra-marins sont au programme.

Les perdants du PLF 2027

Cela circulait abondamment : les retraités les plus aisés vont être mis à contribution, notamment avec un recentrage du fameux abattement Papon ou exonération pour frais professionnels dont bénéficient les retraités.

Le gouvernement avait tenté de le faire l’année dernière, sans succès. Dans cette copie 2027, il propose donc de le réserver aux retraités qui perçoivent moins de 3 000 €. Si un retraité perçoit moins de 3 000 €, il ne sera pas concerné. Les retraités qui perçoivent des pensions alimentaires ou d’invalidité ne seront pas concernés.

Autre mesure qui avait échoué l’année dernière et qui revient cette année : la fiscalisation des indemnités journalières pour les affections de longue durée. Le gouvernement souhaite les fiscaliser à hauteur de 50 %. Même régime, si on peut le formuler ainsi, pour les personnes percevant une indemnité pour les accidents du travail ou les maladies professionnelles. L’exonération partielle sera supprimée, tout comme le taux de CSG réduit qui est appliqué.

Si le RSA est revalorisé, cela ne sera pas le cas pour la prime d’activité et les aides personnelles au logement (APL), qui concernent donc les travailleurs précaires ou modestes. Elles ne seront pas revalorisées sur l’inflation. Quant aux familles les plus aisées dont l’enfant perçoit les APL, elles devront faire un choix : ou l’APL ou la réduction d’une demie-part fiscale, mais le cumul ne sera plus possible.

Autre douche froide pour les étudiants : la fin de la gratuité des classes préparatoires et pour le BTS. Il faudra débourser 270 € pour intégrer une classe préparatoire aux grandes écoles et 178 € pour les sections de technicien supérieur, enseignement qui prépare au BTS. Seuls les boursiers, pupilles de l’État et les réfugiés en seront exonérés.

Les cadres les mieux rémunérés, qui feront l’objet d’un licenciement, devront payer des impôts sur les sommes reçues au moment du licenciement, si le montant est supérieur à 48 060 €. Aujourd’hui, en vertu de l’article 80 duodecies du Code Général des Impôts, certaines sommes perçues au moment d’un licenciement, sont « nettes d’impôts ». D’autres sont fiscalisées mais seulement si elles dépassent 288 000 € environ.

La version que le gouvernement veut faire passer consiste à fiscaliser toutes les sommes reçues par un salarié licencié, si ces sommes dépassent 48 060 €, seule la fraction dépassant ce seuil serait imposée. Selon le gouvernement, cela ne concernera qu’une toute petite des salariés licenciés.

Les personnes qui souhaitent utiliser leur compte personnel de formation (CPF) verront leur marge de manœuvre de nouveau limitée. Alors que la philosophie de ce dispositif était de donner de la liberté de mouvement, au fil des années, il a été raboté.

Le gouvernement s’était réfugié derrière les nombreuses escroqueries qui avaient surgi, notamment durant les confinements, pour resserrer la vis. Ainsi, il avait supprimé la possibilité de financer le permis de conduire avec le CPF, sauf pour les demandeurs d’emploi. Cette année, c’est carrément une autorisation de projet qui sera demandée aux salariés.

Seule dérogation : si la personne souhaite s’orienter vers un métier en tension. Si le projet n’est pas jugé suffisamment sérieux ou qu’il n’est pas validé par l’employeur, la personne ne pourra tout simplement pas utiliser son CPF.

Autre perdant dans cette copie budgétaire : les ménages qui font de « petits travaux » de rénovation énergétique. On ne sait pas comment cela sera raboté. Le PLF indique simplement « En matière de rénovation énergétique, les soutiens budgétaires de l’État seront orientés en priorité sur les rénovations les plus complexes, les rénovations globales ou encore les copropriétés ».

Cela paraît curieux dans un contexte où de nombreux biens immobiliers sortent de la location, en raison d’un DPE insuffisant, que les ventes sont à l’arrêt et que le dérèglement climatique continue de faire son œuvre en ce 1er octobre qui affiche 20 °C à Paris.

Ils avaient déjà été mis à contribution l’année dernière, la facture s’alourdit pour 2027. Les personnes qui souhaiteraient introduire une action en justice vont devoir payer encore plus cher, surtout si elles veulent faire appel, car le droit de timbre de 225 € est pérennisé. Quant au droit de timbre dans les tribunaux de commerce, il passe de 100 € à 200 €. Les personnes bénéficiaires de l’aide juridictionnelle en sont exonérées.

Les loueurs d’appartements meublés verront leurs déductions être plafonnées à 2,5 % et 7 000 € par an. L’objectif pour le gouvernement est clairement de favoriser la location dite nue.

Les fonctionnaires verront encore une fois leur point d’indice gelé.

Dans l’ensemble, cette copie budgétaire ne peut pas être qualifiée d’austéritaire. Cependant, il apparaît que certaines catégories de la population qui sont mises à contribution ne sont pas forcément les plus favorisées.

Il reviendra aux parlementaires de rectifier certaines dispositions et d’après nos informations, le gouvernement ne rechignerait pas à passer par ordonnances si le temps d’examen s’éternise. Si tel est le cas, c’est la copie initiale qui s’appliquera, au moins jusqu’à l’élection présidentielle. Car, ce qu’un PLF a fait, un PLF rectificatif peut le défaire.


Mise à jour du 1er octobre 2026 à 14 h 25 : un paragraphe d’explications a été ajouté concernant la fiscalisation des indemnités de licenciement.