Commission d’enquête sur l’audiovisuel : qui a fait fuiter les infos ?
Cela devient habituel à l’Assemblée nationale. Lorsqu’une commission d’enquête parlementaire touche à sa fin, des informations commencent à sortir, avant même que le rapport ne soit disponible et parfois même, voté.
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Officiellement, les députés peuvent consulter le rapport avant le vote, prendre des notes, mais aucune copie ne doit circuler. Entre le moment de la consultation et le moment de la publication, tout le monde est tenu au secret.
Cependant, il y avait une sorte de drame autour de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Dès la fin de la semaine dernière, les recommandations avaient fuité, d’abord auprès du correspondant de la presse puis dans Télérama, etc.
En somme, quelques privilégiés avaient eu accès aux informations. Tous les regards s’étaient tournés vers Charles Alloncle : après tout, c’était sa signature. Sauf qu’il avait indiqué sur X (anciennement Twitter) qu’il s’agissait de fausses informations, ce qui laissait sous-entendre qu’il n’y était pour rien dans cette fuite d’informations.
Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête, avait déploré qu’une partie du contenu soit déjà vaguement accessible, ce qui l’éliminait des suspects potentiels.
En fait, la réponse est venue après le vote rocambolesque du lundi 27 avril 2026, sous la forme d’un document Word et permet d’éclairer sur le niveau de maîtrise de l’informatique des parlementaires.
Il faut savoir que la plupart des documents de bureautique, ainsi que les photographies, les vidéos, etc. contiennent des informations que l’on appelle des métadonnées. Ces métadonnées indiquent le logiciel utilisé pour créer le document ou le matériel, parfois l’appareil, la version, l’heure, la date de création, de modification et dans certains cas, l’auteur. Il suffit de faire un simple clic droit pour faire apparaître les propriétés, sans même ouvrir le document.
Il est parfaitement possible de supprimer ces informations. Encore faut-il en avoir connaissance et cela permet d’éviter de laisser fuiter ses sources.
Déontologiquement, lorsqu’on est journaliste, on doit protéger ses sources. C’est pourquoi, en dépit du snobisme affiché par certains élus, Projet Arcadie ne donnera pas le nom de la personne qui a partagé les recommandations, recommandations qui sont « tombées du camion » dans la soirée. On ne partagera pas non plus le document qui est tombé du camion.
On se contentera de beaucoup rire devant cet amateurisme et d’inviter les parlementaires, qui souhaitent rester discrets à suivre une formation en informatique : cela peut être pris en charge par l’Assemblée nationale.
