Les députés en embuscade pour les sénatoriales 2026
Si l’élection présidentielle est dans toutes les têtes et dans tous les médias, c’est une autre élection qui va se jouer dans une dizaine de jours : les sénatoriales 2026. Moins scrutées, elles sont pourtant essentielles puisqu’elles déterminent la couleur politique majoritaire de la chambre haute et peuvent faire basculer les textes lors des discussions en commission mixte paritaire. On a examiné le livret des candidatures et découvert les nouvelles aspirations de certains parlementaires.
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Les partants du Palais du Luxembourg
Tous les sénateurs concernés par cette élection — la série 2 dans le jargon — ne rempilent pas. En tout, ils sont 44 à avoir choisi, volontairement ou pas de quitter leur siège. C’est le cas d’Alain Chatillon, 83 ans, qui était le doyen du Sénat. Trois mandats semblent lui avoir amplement suffi.

Rémy Pointereau ne fera pas de cinquième mandat de sénateur. Quant aux autres, on dénombre onze sénateurs qui achèvent leur troisième mandat et 19 leur second. Plus surprenant : ils sont treize sénateurs à ne pas se représenter pour un second mandat et n’auront donc passé que six ans au Sénat.
Tous n’ont pas choisi cette situation comme Stéphane Le Rudulier. Suite à de multiples péripéties judiciaires, après avoir annoncé qu’il allait se présenter en dissidence des Républicains, il a finalement renoncé.
Cependant, les partants sont une minorité et la liste des candidatures révèle une surprise.
Les candidats pour les sénatoriales 2026

Ils sont 33 députés et sept députés européens à se présenter aux sénatoriales. Tous ne sont pas tête de liste. Chez les députés, ils sont trois pour ceux qui sont concernés par un scrutin majoritaire : Valérie Bazin-Malgras (LR), Loïc Kervran (Horizons) et Julien Rancoule (RN). Pour le scrutin à la proportionnelle, ils sont douze dont six appartenant au Rassemblement National. En tout, le parti dirigé par Jordan Bardella envoie dix parlementaires en tête de liste : six députés — Manon Bouquin, Edwige Diaz, Frank Giletti, Géraldine Grangier, Sylvie Josserand et Pascal Markowsky — ainsi que quatre députés européens : Christophe Bay, Laurent Castillo, Julien Leonardelli et Gilles Pennelle.

C’est le Rassemblement National qui envoie le plus gros contingent de personnes disposant déjà d’un mandat parlementaire, à la chasse à un mandat sénatorial. On en dénombre 21 et on peut ajouter Antoine Valentin, qui appartient à l’UDR, mais qui est un satellite du RN. Objectif : arriver à former un groupe et peser, notamment lors des CMP.
C’est aussi l’objectif de La France Insoumise qui n’a pas de groupe au Sénat. Néanmoins, seuls deux députés se présentent : Gabriel Amard et Emmanuel Fernandes.
Une situation inédite par son nombre
Ce n’est pas la première fois qu’un député décide de se présenter au Sénat. Lors des élections de 2023, on comptait cinq députés : Alexandre Loubet (RN), Ugo Bernalicis (LFI), Antoine Léaument (LFI), Béatrice Roullaud (RN) et Alexis Jolly (RN). Sept eurodéputés figuraient aussi sur la ligne de départ : Karima Delli (écologiste), Brice Hortefeux (LR), Agnès Evran (LR), Yannick Jadot (écologiste), Mathilde Androuët (RN), Philippe Olivier (RN) et Annika Bruna (RN).
En 2020, il était neuf députés dont Valérie Boyer et trois députés européens.

La nouveauté dans ces sénatoriales 2026 réside dans le nombre de candidats, qui sont déjà titulaires d’un mandat parlementaire et qui souhaitent changer de bâtiment.
Pas de bouleversement à l’Assemblée nationale ni au Parlement européen
Dans l’hypothèse où les 33 députés seraient élus — ce qui ne sera pas le cas dans la mesure où certains sont en position non éligible — il n’y aura pas d’élections législatives partielles à prévoir. En effet, le code électorat prévoit déjà ce cas de figure, comme on avait pu le voir avec Samantha Cazebonne, qui n’avait pas achevé son mandat de député, avait brigué un siège au Sénat et avait été remplacé par son suppléant, Stéphane Vojetta.
Une élection législative partielle sera à prévoir si le suppléant ne souhaite pas siéger.
Le cas est encore plus simple du côté du Parlement européen. Les députés européens sont élus par liste, le prochain remplacera donc celui qui ira au Sénat.
Une échappatoire avant la grande purge ?
L’hypothèse de la dissolution reste sur la table. Bien que l’entourage du Président de la République ait formellement démenti toute dissolution avant la fin de son second mandat, la rumeur reste tenace. Si certains députés ont déjà anticipé les prochaines échéances, d’autres savent que leurs jours sont comptés au Palais Bourbon. Le Sénat constitue un refuge bienveillant.
Autre atout du Sénat : les parlementaires sont élus par de grands électeurs — des élus locaux — ce qui implique des campagnes plus courtes, moins chères, moins chronophages et plus ciblées. Enfin, de façon générale, l’attention médiatique est moins focalisée sur le Sénat que sur l’Assemblée nationale.
Cette élection est un test. Pour le Rassemblement National, il s’agit d’arriver à convaincre les élus locaux de leur faire confiance. Pour La France Insoumise, ce sera un bilan post-municipal. Mais, le groupe RDPI, composé de sénateurs de la majorité présidentielle, risque une disparition pure et simple du paysage sénatorial.
