Les internautes américains privilégient de plus en plus les influenceurs pour s’informer.
Les brèves

Les influenceurs, plébiscités auprès des jeunes Américains, au détriment des journalistes

Un rapport du Media Insight Project a conclu à ce que beaucoup avaient perçu, sans arriver à le quantifier : les internautes — du moins les Américains — privilégient de plus en plus les influenceurs pour s’informer.

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Menée en collaboration par l’Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research, l’American Press Institute et les écoles de journalisme de la Northwestern University et de l’Université du Maryland, l’étude a été réalisée en février sur la base d’enquêtes nationales menées auprès de 2 101 Américains âgés de 13 ans et plus.

Si la télévision et la presse traditionnelle ont longtemps tenu le haut du pavé, depuis plusieurs années, les médias traditionnels sont concurrencés par des influenceurs et des producteurs de contenus et pas uniquement chez les plus jeunes. Dans la tranche 18-34, ils sont 50 % à s’informer des évènements nationaux auprès des influenceurs et dans une même proportion, des actualités classées en « lifestyle » : sport, culture, divertissement, people.

Autre point intéressant : les médias locaux — la presse quotidienne régionale — sont ceux envers lesquels les Américains manifestent le plus de confiance.

Alors que les outils types ChatGPT, Gemini ou encore Claude sont perçus comme des menaces par les éditeurs de presse, l’étude montre qu’une majorité des internautes n’ont pas confiance dans ces outils et ne s’en servent pas pour s’informer. Ils vont privilégier les influenceurs, les médias locaux, les médias nationaux.

En France, une telle étude n’a pas encore été menée alors que la place prépondérante des influenceurs au détriment des journalistes semble se confirmer, notamment pour des prises de poste dans des rédactions.

Par ailleurs, de nombreux influenceurs se sont fait une spécialité de reprendre tout simplement le travail fourni par les journalistes pour alimenter leurs comptes de réseaux sociaux et monétiser leur audience.

Le Sénat planche actuellement sur une mission d’information sur les zones grises de l’information. Certains créateurs de contenus ont été auditionnés dont Jean Massiet de Backseat, qui a mené un long travail de pédagogie vidéo sur le Sénat. Mais, la question des influenceurs ne paraît pas encore surgir dans les échanges institutionnels, avec la même intensité que celle de l’intelligence artificielle.

L’étude, en anglais, est disponible ici.