Les sénateurs vont passer au crible les marges des industriels et de la grande distribution.
Les brèves

Lancement de la commission d’enquête portant sur les marges des industriels et de la grande distribution au Sénat

C’est un rituel que les Français ont appris à bien connaître, en raison du COVID puis de la guerre en Ukraine. Tous les ans, la grande distribution et l’industrie agroalimentaire se mettent autour d’une table et négocient les prix d’achat.

Pourquoi cela intéresse-t-il les Français ? Parce que cela concerne directement leur pouvoir d’achat et le prix auquel ils vont payer leurs courses alimentaires. Ces dernières années, certaines denrées alimentaires ont flambé, sans pour autant que les producteurs — à savoir les agriculteurs — n’en retirent un bénéfice plus important. Actuellement, c’est le café et le chocolat dont le prix a augmenté, produits chéris par les consommateurs.

Déposée fin octobre par Antoinette Guhl et les membres du groupe écologiste, une résolution a demandé l’ouverture d’une commission d’enquête sur ce sujet. « Cette situation pose une question simple : où va l’argent que paient les consommateurs ? Quelle part revient réellement aux producteurs, aux transformateurs, aux industriels et quelle part est captée par les distributeurs et leurs centrales d’achat ? » s’interrogent les sénateurs.

Le texte précise que tout le monde sera passé au crible « c’est pourquoi une commission d’enquête est proposée pour analyser les marges des industriels, des supermarchés et des hypermarchés, y compris dans les filières bio, mesurer leur impact direct sur le pouvoir d’achat, et formuler des recommandations afin de garantir aux Français une alimentation de qualité à un prix juste ».

Si le sujet est aussi sensible, c’est parce que l’alimentaire fait souvent partie de la variable d’ajustement du budget des ménages. En avril 2025, le Conseil Économique Social et Environnemental avait fait ce constat « L’alimentation constitue désormais une variable d’ajustement dans le budget des ménages. Les prix alimentaires ont fortement augmenté : +12 % contre 5 % d’inflation générale en 2023, consécutive à la crise de la Covid et à la guerre en Ukraine. Malgré la désinflation observée en 2024, les prix n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant crise. La conséquence ? Les dépenses alimentaires représentent 20 % dans le budget des ménages (contre 35 % en 1960) et occupent la 2ᵉ position après le logement (28 %) ».

La composition de la commission d’enquête a été mise en ligne aujourd’hui. Les sénateurs se réuniront le 10 décembre 2025 pour constituer son bureau et lancer ses travaux. Comme à l’Assemblée nationale, elle aura six mois pour travailler et rendre son rapport.