LCP et Public Sénat dans le viseur de Charles Alloncle
Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a été mis en ligne ce matin, mardi 5 mai 2026.
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LCP et Public Sénat, les chaînes autonomes
Une mesure concerne spécifique les deux chaînes parlementaires de la TNT, à savoir LCP et Public Sénat : les soumettre au contrôle de l’ARCOM, plus spécifiquement, à ce qu’elles respectent le pluralisme politique, imposé aux autres chaînes diffusant de la politique.
Motif ? Le Rassemblement National, Reconquête et La France Insoumise ne sont pas assez représentés, notamment au Sénat. Il relève que les deux chaînes se contrôlent elles-mêmes, ce qui constitue une rupture d’égalité avec les autres chaînes de la TNT.
Si les deux chaînes ne sont pas contrôlées par l’ARCOM, c’est en raison de la séparation des pouvoirs. En effet, l’ARCOM est une autorité administrative indépendante, donc dépendante du pouvoir exécutif. Or, les deux chaînes parlementaires sont contrôlées et financées par les chambres parlementaires, l’Assemblée nationale pour LCP et par le Sénat pour Public Sénat.
Ces deux chaînes traitent de l’actualité parlementaire, proposent des reportages, des talk-shows et diffusent en direct les questions au gouvernement ainsi que les débats parlementaires, soit en hémicycle, soit en commission lorsque le sujet est d’importance. Elles sont toutes deux pourvues d’un site Web qui permet un traitement plus exhaustif de l’actualité parlementaire et de chaînes YouTube.
Des spécificités légales et techniques uniques dans le paysage audiovisuel
Mais, ce que le rapporteur semble oublier, en dehors de la spécificité légale des deux chaînes, c’est leur particularité technique. En effet, les deux chaînes doivent se partager le même canal de la TNT, selon un planning défini en avance, ce qui donne parfois lieu à des situations amusantes, comme des débats parlementaires coupés sur le canal TNT pour permettre la bascule sur l’une ou l’autre antenne.
C’est en fonction de ce programme de partage de la TNT que les programmes sont construits, élément qui n’est pas du tout relevé par le rapporteur. Pourtant, c’est bien l’un des points qui est le plus souvent cité en off par les équipes de LCP. Ce sont d’ailleurs les seules chaînes qui doivent se partager un même canal TNT alors que les groupes privés comme TF1 et M6 disposent de plusieurs canaux TNT.
Toujours en off, la mesure visant à faire contrôler par l’ARCOM le temps de parole des politiques et la répartition fait sourire « on fait déjà des relevés de temps de parole » nous dit-on, mais, cela posera tout de même un problème financier. Dans les grandes chaînes d’information, notamment chez BFM TV, il y a des personnes dédiées à cette surveillance du temps de parole. Elles doivent quotidiennement pointer le temps des politiques, reporter dans un tableur le parti, le moment, le format — direct ou différé.
Or, le budget des chaînes parlementaires est décidé par les deux chambres et l’ambiance est plutôt à la baisse. Il faudrait donc augmenter l’enveloppe sous peine de voir disparaître certains programmes et certains journalistes, qui partent déjà régulièrement vers des rédactions plus argentées. Tel fut le cas de Thomas Soulié.
Une fausse absence de représentativité
Le mauvais procès intenté à LCP et Public Sénat paraît d’autant plus curieux que les deux chaînes veillent à respecter un équilibre. Ainsi, La France Insoumise n’est pas absente de Public Sénat. Le maire de Saint-Denis et figure montante de LFI, Bally Bagayoko était l’invité de la matinale le lundi 4 mai 2026. Éric Zemmour, président de Reconquête, était l’invité du Grand Jury, émission en partenariat avec RTL Le Figaro le dimanche 3 mai 2026. Quant au Rassemblement National, il est régulièrement cité.
Les deux chaînes doivent diffuser les séances parlementaires, ce qui leur prend aussi du temps politique, surtout lorsque les partis ne sont tout simplement pas représentés au Parlement, comme Reconquête. Néanmoins, une lecture honnête montre qu’elles se « rattrapent » toutes les deux sur leur site web respectif.
Enfin, bien que la commission d’enquête ait procédé à de nombreuses et de longues auditions, les deux chaînes parlementaires n’ont été interrogées, ce qui aurait permis d’expliquer pourquoi elles ne sont pas dans le périmètre de l’ARCOM et au rapporteur de comprendre le fonctionnement des deux chaînes qui doivent se partager le même canal.
Le rapport est disponible sur le site de l’Assemblée nationale, mais en raison du grand nombre de connexions, le serveur a des difficultés. Vous pouvez donc le retrouver chez nos confrères de LCP.
