L’échec programmé de la niche LFI
Ce jeudi 27 novembre 2025, le groupe de La France Insoumise (LFI) défendait ses textes dans ce qu’on appelle, la niche parlementaire.
Une niche parlementaire est une journée réservée aux groupes d’opposition et minoritaires, pour défendre leurs textes. Le groupe doit choisir les textes qu’il veut présenter. Ils sont examinés dans la commission permanente compétente. Puis, ils sont examinés en hémicycle. Même si la commission rejette le texte, on reprend le texte en hémicycle, dans sa rédaction initiale, sans les amendements éventuellement adoptés.
L’agenda d’une journée de niche est le suivant : de 9 h à 13 h, ensuite de 15 h à 20 h et de 21 h 30 à minuit. On ne peut pas aller au-delà de minuit. Il y a donc 11 h 30 de débat. Mais, sur ce temps, il faut décompter deux éléments importants : la discussion générale et les explications de vote. Plus il y a de groupes, plus ces deux moments sont longs et souvent indigestes. La discussion générale prend généralement une heure et les explications de vote au moins 20 minutes.
De fait, chaque texte prend au moins deux heures pour être examiné dans sa totalité, s’il y a peu d’amendements, que le gouvernement et le rapporteur ne sont pas trop bavards et qu’il n’y a pas d’interruption de séance.
Une niche raisonnable compte quatre ou cinq textes maximum. Mais, LFI n’a jamais été raisonnable dans ses niches, n’hésitant pas à inscrire énormément de textes, bien plus qu’il n’est possible d’en faire, créant ainsi beaucoup de frustrations auprès des citoyens qui sont peu au fait des vicissitudes du palais Bourbon.
Facteur aggravant supplémentaire : lors de la niche parlementaire du groupe du Rassemblement National (RN) du mois dernier, LFI avait été particulièrement offensif, déposant beaucoup d’amendements, afin de paralyser leur niche. Réponse du berger à la bergère, le RN a fait exactement la même chose sur le texte concernant la nationalisation d’ArcelorMittal.
Pourtant, la journée avait relativement bien commencé avec une adoption large de la proposition de résolution invitant le Gouvernement de la République française à s’opposer à l’adoption de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Presque tous les groupes ont voté pour. Seul le groupe Ensemble pour la République (EPR) s’est abstenu.
Enfin, après un très long examen des amendements, la proposition de loi visant à la nationalisation d’ArcelorMittal France afin de préserver la souveraineté industrielle de la France a été adoptée.
Les cinq autres textes n’ont pas été examinés.
Dès lors, pourquoi parler d’échec ? En fait, en dehors de la proposition de résolution sur le Mercosur, qui fait très largement consensus, y compris au Sénat, les deux autres textes vont mourir au Sénat. En effet, LFI, tout comme le RN, n’a pas de groupe au Sénat donc, pas de groupe susceptible de reprendre les textes pour l’inscrire dans sa propre niche parlementaire.
Si les groupes écologistes, communistes et socialistes pratiquent le « partage » des textes pour les niches, LFI ne peut pas compter sur ces groupes pour faire remonter leurs textes au palais du Luxembourg, tant que le groupe Mathilde Panot entretient des relations exécrables avec les autres groupes de gauche. Ils n’ont aucune raison de leur faire une faveur.
La journée de niche s’est terminée sur la discussion générale sur la défiscalisation des pensions alimentaires. Cette proposition s’était déjà retrouvée dans le projet de loi de finances pour 2026, sous forme d’amendements.
En raison du manque de maturité des parlementaires, les niches deviennent de plus en plus ridicules et ne débouchent que très rarement sur des textes concrets. Mais, que vaut la réalité du terrain quand on peut faire de beaux tweets, criant victoire ?
