Le Premier ministre va utiliser le 49 alinéa 3 pour faire passer le budget.
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Lecornu a tranché : ce sera le 49 alinéa 3

Un Conseil des ministres a été convoqué ce lundi 19 janvier 2026. L’ordre du jour a été envoyé aux journalistes à 15 h 44. Dès lors, on savait que le sujet serait l’outil pour faire passer le budget. En effet, depuis le mois d’octobre 2025, les débats se sont fortement enlisés, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat.

Si les sénateurs ont réussi à rendre une copie, celle-ci ne convient pas du tout aux occupants du Palais Bourbon, qui ont refusé les économies de leurs homologues du Palais du Luxembourg. Cependant, la version des députés s’est avérée impossible à voter, à tel point qu’un seul l’a voté : Harold Huwart.

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Le gouvernement a dégainé une loi spéciale, afin de pouvoir régler l’urgence. Néanmoins, il faut tout de même un budget.

Le Premier ministre a fait des annonces vendredi 16 janvier 2026 et il ne restait plus qu’un paramètre inconnu : l’outil pour faire avaler la pilule.

Obligé de renier sa parole, Sébastien Lecornu a donc choisi d’opter pour l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Dans le cadre des lois budgétaires, il peut y avoir recours autant de fois qu’il le souhaite. Pour le budget 2026, il peut l’utiliser pour le volet recettes, le volet dépenses et l’ensemble du texte.

Soit trois occasions pour les oppositions de dégainer des motions de censure, ce que ne manqueront pas de faire La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN). L’inconnue réside dans les autres groupes. Car, les voix de LFI, du RN et de l’UDR ne seront pas suffisantes. À ce stade, le groupe socialiste ne se joindra pas aux voix de LFI pour la motion de censure.

À ce stade, on ne sait pas encore quand seront examinées les motions de censure, tout comme on ignore ce que contiendra la copie finale. Car, si les outils disponibles ont été amplement commentés et décortiqués, on ne sait toujours pas précisément quelles seront les mesures budgétaires et qui devra faire des sacrifices.

Le Premier ministre fait lanterner durant plus d’une heure les journalistes pour finalement faire lui-même le compte-rendu du Conseil des ministres. Il a acté l’échec de son pari, à savoir, ne pas avoir recours à l’article 49 alinéa 3, tout en rappelant que cela avait fonctionné pour le budget de la Sécurité sociale. Il a dénoncé des « tentatives de sabotages de la France Insoumise et du Rassemblement National » et la « désertion de certains groupes politiques […] les écologistes et les communistes. »

Il engagera donc la responsabilité du gouvernement demain, mardi 20 janvier 2026, sur la partie recettes, « avec regret et amertume« .

Il a redit que le gouvernement tiendrait l’objectif des 5 % de déficit. Il a assuré que la fiscalité pour la majorité des entreprises ne serait pas modifiée. Il appelle la représentation nationale à prendre ses responsabilités.

La semaine promet d’être agitée.