Les députés ont presque unanimement rejeté le budget 2026
Plus on avançait dans les débats, plus on se doutait du résultat final, sans pour autant en avoir la certitude. Dans la soirée du vendredi 21 novembre au samedi 22 novembre 2025, les députés ont rejeté la première partie du projet de loi de finances pour 2026. Comme le spécifie l’article 119 alinéa 3 du règlement de l’Assemblée nationale, « lorsque l’Assemblée n’adopte pas la première partie du projet de loi de finances de l’année ou d’un projet de loi de finances rectificative, l’ensemble du projet de loi est considéré comme rejeté. ».
Au milieu de la soirée, le gouvernement a produit un amendement permettant de se faire une idée de ce qui a été voté et surtout, de leur coût. L’amendement, adopté, est disponible ici.
Pour le rapporteur du budget, le budget actuel est inapplicable et il a indiqué qu’il ne le votera pas, ce qu’avait déjà fait Charles de Courson l’année dernière, alors rapporteur général.
Le débat s’arrête donc ici pour la première lecture, sans que les députés examinent la partie dépenses.
Si le Rassemblement National n’avait pas fait mystère de son vote final, on ne pouvait pas totalement préjuger du vote des autres groupes.
Pour le groupe communiste, malgré des avancées, « le compte n’y est pas ». Ce constat est partagé par les socialistes. Boris Vallaud a employé la même phrase qu’Emmanuel Maurel. Pour l’UDR, il faut « sortir la tronçonneuse dans les dépenses improductives pour desserrer l’étau sur la production ».
Paul Midy, s’exprimant pour EPR, a déclaré « nous ne pouvons pas voter ce budget. Parce qu’il y a des horreurs fiscales votées par le RN et LFI » mais appelait à « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain », en concluant que son groupe allait s’abstenir.
Pour LFI, « le texte final reste inacceptable ».
Malgré toutes les mesures venant de la Droite Républicaine, votées, parfois avec la bénédiction du gouvernement, le groupe de Laurent Wauquiez a indiqué qu’il n’était pas possible de voter le budget, déplorant un texte insincère, manquant de sérieux et dangereux.
Pour les écologistes, ce sont les institutions de la Vᵉ République qui empêchent les parlementaires de faire véritablement un budget.
Marc Fesneau, donnant l’explication de vote de son groupe, s’étonne : « 40 % des amendements votés viennent de l’opposition. C’est cette même opposition qui va voter contre ses avancées ».
Pour Horizons, « ce n’est pas un budget, mais un assemblage baroque ». Pour LIOT, les concessions n’ont pas suffi à équilibrer le texte.
Cela était déjà arrivé. En 2024, les députés avaient rejeté la première partie du projet de loi de finances pour 2025.
Mais, ce qui est beaucoup plus rare, pour ne pas dire inédit, c’est que presque tous les députés ont voté contre ce texte.
Dès lors, la copie initiale du gouvernement va être transmise au Sénat, comme ce fut déjà le cas en 2024. Tous les amendements adoptés tombent aux oubliettes.
Les sénateurs se pencheront sur le texte lorsqu’ils auront achevé l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. On sait déjà que la droite sénatoriale sera plus sévère que la droite de l’Assemblée nationale et le gouvernement. Dès lors, comme pour le budget de la Sécurité sociale, il paraît impossible que la commission mixte paritaire (CMP) soit conclusive.
L’Assemblée nationale aurait le dernier mot, que serait-il si le budget est rejeté définitivement ? Le gouvernement pourrait passer par ordonnances ou dégainer une loi de finances spéciale. Mais, cette dernière n’aurait pas d’autres buts que de permettre de lever l’impôt en 2026. Les députés devraient de nouveau plancher sur une loi de finances en 2026.
Le détail du scrutin a été mis en ligne à cette adresse.
Voici le résumé de la position de vote des groupes :
GDR (communistes) : contre ;
UDR : contre ;
RN : contre ;
EPR : abstention ;
LFI : contre ;
Socialiste : contre ;
DR : contre ;
Écolos : contre ;
MoDem : abstention ;
Horizons : contre ;
LIOT : majoritairement contre.
Les députés ont rejeté le texte : pour 1, contre 404. Harold Huwart est le seul député qui a voté pour ce texte.

