Qui sont les parlementaires qui feront le choix de la mairie ou ceux qui resteront à Paris ?
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Municipales 2026 : mairie ou Paris ? Les élus devant un choix

Ils sont 22 parlementaires à avoir été élu au premier tour des élections municipales de mars 2026. Pour eux, un choix s’impose : mairie ou Parlement à Paris ?

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La loi sur le non-cumul des mandats

Lors de son quinquennat, François Hollande avait réussi à faire voter dans la douleur la loi mettant fin au cumul des mandats. Jusqu’en 2014, les députés ou sénateurs pouvaient parfaitement détenir un mandat de maire, de président de département et de président de conseil régional.

Grâce à une assemblée majoritairement à gauche, la loi a été votée et à l’époque, de nombreux députés ont été placés devant un choix : rester à l’Assemblée nationale ou retourner à la mairie. La loi comportait une date d’entrée en vigueur : 2017. Certains, comme Jean-Luc Moudenc, ont démissionné en avril 2014, sans attendre.

Pour les autres, il y a une période de « tolérance ». Cependant, la loi sur le non-cumul des mandats n’interdit pas la présence d’un parlementaire au sein d’un conseil municipal, départemental, régional, d’intercommunalité ou de territoire à statut particulier. Pour simplifier, la loi prévoit le non-cumul quand il y a de grandes responsabilités.

Mais, que se passe-t-il quand un député est tête de liste et qu’il gagne ? On leur a posé la question.

Au revoir Paris

Il nous avait prévenus de longue date, ce n’est donc pas une surprise et on peut comprendre qu’au bout de la cinquième législature, surtout dans une assemblée aussi chaotique, il soit arrivé au bout de l’exercice.

Philippe Vigier, joint aujourd’hui par téléphone, nous a redit sa volonté de s’installer à la mairie de Châteaudun, lui qui a gagné le premier tour, assez confortablement.

La loi lui donne un délai d’un mois avant de quitter le Palais Bourbon. On pourra encore l’apercevoir dans les couloirs la semaine prochaine, pour encore quelques jours, le temps de faire ses cartons et peut-être un pot de départ.

Des prolongations temporaires

Deux parlementaires vont rester encore un peu dans leurs assemblées respectives : Stéphane Hablot, député et Jean-Michel Arnaud, sénateur.

Chez Stéphane Hablot, on nous indique que le député va garder son siège jusqu’à l’élection présidentielle et qu’il restera au conseil municipal par la suite. Pourquoi cette échéance ? Il est assez probable que le futur locataire de l’Élysée convoque des élections législatives dès son arrivée au Château. Stéphane Hablot prendra le chemin de Vandœuvre-lès-Nancy à ce moment-là.

Chez Jean-Michel Arnaud, la réponse est similaire, mais, l’échéance est différente « je suis sénateur et le reste au moins jusqu’en septembre 2026. Je reste donc conseiller municipal de Tallard [dont j’ai été le maire de 2001 à 2020] et communautaire de l’agglomération de Gap-Tallard-Durance ». C’est donc un retour aux sources pour le sénateur, dont le mandat s’achève en septembre 2026 et on comprend donc qu’il ne se représentera pas.

L’Assemblée, j’y suis, j’y reste !

Il l’avait dit durant sa campagne, mais on a préféré lui poser la question en direct : que va faire Philippe Juvin, le rapporteur général du budget ? « Pendant la campagne, j’ai expliqué que je resterais député et que je prenais la présidence du groupe de la majorité au conseil municipal ». Mais, il ne sera pas maire de La Garenne-Colombes.

Ce sera (presque) aussi le cas d’Antoine Valentin, mais, dont le cas est plus particulier. Souvenez-vous : fatiguée de la politique, Christelle Petex avait démissionné de son mandat de député. Saisissant la balle au bond, Antoine Valentin s’était présenté et avait gagné. Néanmoins, à l’époque, il avait indiqué qu’il ne comptait pas délaisser sa mairie.

« Au moment de cette élection partielle, Antoine Valentin était déjà engagé dans la campagne municipale, en tant que tête de liste, engagement qu’il avait pris antérieurement. Par cohérence avec cet engagement initial, il a maintenu sa position de tête de liste. Toutefois, compte tenu de ses nouvelles fonctions de député, il n’a pas vocation à exercer les responsabilités de maire. Dans ce cadre, il est prévu qu’une de ses adjointes prenne le relais à la tête de la commune et assure les fonctions exécutives municipales. Antoine Valentin continuera ainsi d’exercer pleinement son mandat de député de la troisième circonscription de Haute-Savoie, tout en restant attentif aux enjeux locaux » nous explique son équipe.

Autre député qui compte rester : Michel Criaud. Il est le suppléant d’Anne Le Hénanff, actuellement ministre et son départ aurait signifié une législative partielle dans la première circonscription du Morbihan.

L’autre enjeu du non-cumul

Qu’en est-il des autres ? En dépit de nos efforts, nos demandes sont restées sans réponse et il y a peut-être une raison à cela : le choix du suppléant.

Dans une élection législative, les électeurs votent pour un binôme même s’il n’y a que le « premier » qui occupera le siège, le second étant destiné à être actionné dans des cas limités. Mais, que fait-on quand le suppléant ne veut pas siéger, ce qui est arrivé au suppléant de Stéphanie Rist ?

On organise des législatives partielles. En ces temps d’incertitudes électorales, il n’y a aucun siège gagné d’avance pour les partis politiques et qui aurait envie de tout risquer pour un mandat qui ne durera qu’un an ?

Les députés qui sont devenus maires ont donc trente jours pour convaincre leurs suppléants de ne pas laisser le siège vacant.