Municipales 2026 : le premier verdict des urnes pour les parlementaires
Ils étaient quasiment 500 parlementaires à se présenter aux élections municipales 2026. À l’issue du premier tour, qui s’est déroulé ce dimanche 15 mars, ils sont 249 à être encore en lice pour le second tour. Qui s’en est sorti haut la main ? Qui devra encore faire ses preuves ? Qui a été éliminé dès le premier tour ?
Les données chiffrées qui sont présentées ici sont issues du ministère de l’Intérieur. Ils doivent encore être consolidés. Par ailleurs, le lecteur doit garder à l’esprit qu’être qualifié pour le second tour ne signifie pas que le candidat sera effectivement au second tour.
En effet, il y aura des fusions de listes dans différentes municipalités ou des retraits. Les données sont donc celles des qualifications et non la candidature effective au second tour.
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Le tour d’horizon global des municipales
Dans l’ensemble, une grande majorité des parlementaires a réussi, soit à franchir le cap du premier tour, soit à être élu directement au conseil municipal. En effet, dans un grand nombre de communes, il n’y avait qu’une seule liste qui se présentait.

Ils sont donc 181 à pouvoir s’installer dès demain au conseil municipal. 249 sont qualifiés pour le second tour et 68 sont éliminés sans autre forme de procès.
Les parlementaires éliminés au premier tour des municipales
Ils ont 68 à ne pas avoir franchi le cap du premier tour. Sans surprise, car ils étaient les plus nombreux à se présenter, ce sont les députés qui ont majoritairement été éliminés dès le premier tour.

Certains n’étaient présents sur les listes que pour faire de la figuration, si on peut dire les choses ainsi. Ils venaient apporter un soutien politique à la liste, mais n’ambitionnaient pas d’être élus. C’est notamment le cas d’Alexandre Varaut, eurodéputé, qui était 163e sur la liste de Thierry Mariani à Paris. C’est aussi le cas de Fabienne Keller à Strasbourg — 66e position —, de Pascale Gruny à Saint-Quentin — 47e position — ou de Guillaume Garot à Laval — 44e position.
Néanmoins, des têtes de liste ont été éliminées dès le premier tour. C’est le cas de Jean-Louis Roumégas et France Jamet à Montpellier, de Thierry Mariani à Paris, d’Henri Alfandari à Tours ou d’Anthony Smith à Châlons-en-Champagne.
Dans le détail, on constate que ce sont surtout les listes sans nuance politique qui cumulent le plus de parlementaires éliminés dès le premier tour. Cela est assez logique : c’est la nuance politique dominante dans le fichier de candidature du ministère de l’Intérieur.

Les parlementaires qualifiés au second tour des municipales
Beaucoup de parlementaires sont indiqués comme qualifiés pour le second tour. Cependant, ils seront nombreux à ne pas appartenir au conseil municipal des villes qu’ils visent, en raison de leur position sur les listes. Ainsi, Manon Aubry est 165e sur la liste de Paris, il est assez peu probable qu’elle soit élue.
En tout, il reste 249 parlementaires en lice pour le second tour, là encore, majoritairement des députés.

Néanmoins, ils sont encore 73 parlementaires, qui sont tête de liste, à être qualifiés pour le second tour. Dans les têtes de liste, ce sont principalement des députés, dont 12 appartiennent à La France Insoumise et 18 au Rassemblement national.
Cela correspond aussi à la répartition politique de l’ensemble des listes qui se sont qualifiées au second tour, même si les listes d’union de la gauche sont aussi très présentes.

Il faudra attendre la publication des candidatures du second tour pour savoir qui se maintiendra ou non.
Les parlementaires élus dès le premier tour des municipales
Ils sont un peu l’élite des parlementaires : ceux qui ont été élus au sein des conseils municipaux dès le premier tour et pourront profiter d’un dimanche 23 mars 2026 bien serein.
Dans le détail, 106 députés ont été élus, deux députés européens et 73 sénateurs.

Là encore, ce sont principalement des listes sans étiquette qui sont majoritaires dans la liste politique, suivie des listes divers centre, divers droite et du Rassemblement national.

Au sein de cette catégorie bienheureuse, il y a 22 personnes pour lesquelles, une question va se poser : le mandat local ou la mairie ?
17 députés et 5 sénateurs étaient tête de liste. Pour certains, le choix est déjà connu. Philippe Juvin a indiqué qu’il resterait député. À l’inverse, Philippe Vigier nous avait dit cet hiver qu’il quitterait l’Assemblée nationale pour privilégier sa mairie.
Les députés face à un choix
Du côté de la droite et du centre, Michèle Tabarot l’emporte avec la liste des Républicains au Cannet, imitée par son collègue Philippe Juvin à La Garenne-Colombes. Philippe Vigier s’impose sous une nuance divers centre à Châteaudun, tandis que Franck Riester confirme son ancrage à Coulommiers et Michel Criaud l’emporte à Muzillac. Dans la famille divers droite, les succès sont au rendez-vous pour Jean-Pierre Taite à Feurs, Fabien Di Filippo à Sarrebourg et Jérôme Nury à Tinchebray-Bocage.
D’autres députés ont également validé leur ticket dès dimanche soir, à l’image de Lionel Vuibert à Faissault, Paul Christophe à Zuydcoote, Didier Padey à Jongieux et Antoine Valentin à Saint-Jeoire. L’île de Beauté voit également la victoire de François-Xavier Ceccoli à San-Giuliano.
À gauche, deux figures du camp divers gauche s’imposent : Stéphane Hablot gagne la mairie de Vandœuvre-lès-Nancy et Julien Gokel l’emporte à Cappelle-la-Grande. L’extrême droite marque des points dès le premier tour avec les victoires de Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer pour une liste d’union et de Nicolas Meizonnet à Vauvert sous les couleurs du Rassemblement National.
Les sénateurs, entre les territoires et le Palais du Luxembourg
Dans les Hautes-Alpes, le sénateur Jean-Michel Arnaud transforme l’essai dès le premier tour à Tallard à la tête de la liste « Tallard Demain ! ». Dans les Alpes-Maritimes, deux figures sénatoriales s’imposent également avec force : Patricia Demas l’emporte à Gilette avec la liste « Gilette Ensemble », tandis que Jean-Marc Delia gagne la mairie de Saint-Vallier-de-Thiey sous une étiquette divers droite.
Le succès est tout aussi net en Meurthe-et-Moselle pour Véronique Guillotin, qui gagne son pari à Villerupt avec sa liste divers droite intitulée « Le cœur, l’action avec Véronique Guillotin ». En Saône-et-Loire, le sénateur Fabien Genet s’impose sans trembler à Digoin sous la bannière de sa liste « Génération Digoin ».
La prochaine étape sera la publication des listes de candidatures effectives, puis le choix des maires dans les communes. Une autre phase, tout aussi importante, se jouera dans les semaines à venir : la présidence des intercommunalités. Car, si les Français sont très attachés aux communes, les intercommunalités sont devenues des organes décisionnels majeurs.
Enfin, lorsque tous les résultats seront connus et fermes, il y aura une photographie intéressante à faire : les sénatoriales de septembre 2026.
Les données concernant les élections des arrondissements de Paris, Lyon et Marseille n’ont pas été intégrées, étant indisponibles au moment de la rédaction.
Edit du 17 mars 2026 à 15 h 25 : Des erreurs s’étaient glissées dans les villes gagnées au premier tour par les députés, elles ont été corrigées.
