Le retour de Michel Barnier à l’Assemblée nationale
On se souvient de Michel Barnier, Premier ministre, mais, la plupart d’entre nous ne sont pas assez âgés pour nous souvenir que Michel Barnier a été déjà été député, son dernier mandat parlementaire remontant à 1993.
Lundi 29 septembre 2025, il fera sa rentrée administrative et siégera parmi les autres députés de la droite républicaine, mercredi 1ᵉʳ octobre, pour voter pour les vice-présidents et les questeurs du Palais Bourbon.
De l’extérieur, on pouvait penser que l’élection dans la deuxième circonscription de Paris était gagnée d’avance. Pas du tout nous glisse-t-on. Il y a eu un vrai « risque » que la circonscription bascule à gauche et avant cela, il y a eu les tractations avec Rachida Dati, qui voulait se présenter, elle aussi, avec l’investiture des Républicains. « On est soulagé, mais ce n’était pas joué ».
Le cas Dati réglé, le premier tour a donné des sueurs froides au parti. La gauche avait un potentiel pour décrocher le siège. Elle était en tête au premier tour. Celle qui a fait la différence est Florence Berthout, la maire du Vᵉ arrondissement de Paris et suppléante de Michel Barnier. « C’est grâce à elle qu’on a gagné, elle n’a pas ménagé ses efforts » nous indique-t-on et s’il y en a qui en est conscient, c’est bien l’ancien Premier ministre.
Au siège des Républicains, il s’est contenté d’une déclaration, sans prise de questions par les journalistes, qui sont repartis un peu bredouille. Il a remercié les militants, mais a beaucoup insisté sur le soutien sans faille de Florence Berthout et de son épouse.

Nous quittant prestement, il a rejoint les militants, qui l’attendaient de pied ferme et le coude déjà levé au Concorde, un bar à la sortie du métro Assemblée nationale. Après un discours, il a passé le micro à Florence Berthout puis à Bruno Retailleau, qui l’a chaudement félicité. Ce dernier rayonnait littéralement de bonheur et en a profité pour remercier le candidat malheureux de la cinquième circonscription des Français de l’étranger.

Le désormais député de la deuxième circonscription a conclu par ses mots « et maintenant, on boit un coup » et une Marseillaise joyeusement entamée par les militants avant de se faufiler à l’intérieur du bar. Un militant enthousiaste en a profité pour scander un « et en 2027, Retailleau président ! ».
Pourquoi Michel Barnier a-t-il décidé de revenir au Palais Bourbon ? Ce n’est pas ce soir qu’on aura la réponse. Plutôt avare de mots et de sourires, il s’est fermé comme une huître. L’homme est d’ailleurs difficile à photographier. Il faut dire que l’heure était plutôt à la fête et aux réjouissances, même si une partie du buffet avait déjà été bien entamé.
À défaut, on a appris qu’après avoir dû devenir bilingue en Emmanuel Macron, il allait nous falloir maîtriser une nouvelle langue : le Sébastien Lecornu. Dans son interview à nos confrères du Parisien, il indiquait que le Gouvernement serait nommé avant que le Parlement n’ait repris ses travaux. Naïvement, on aurait pu penser que cela arriverait lundi ou mardi.
Il fallait le comprendre autrement : la première semaine de l’Assemblée nationale est consacrée à l’élection du bureau et ne correspond pas à la reprise effective des travaux. On disait la semaine dernière que Sébastien Lecornu devenait le maître des horloges, il vient d’en faire une nouvelle démonstration.
Quant au budget, on en a appris un peu plus. Il ne sera pas facile. On ne sait pas ce qu’il y a dedans, mais on nous souffle que le travail ne va pas manquer au Palais Bourbon dans les prochaines semaines. Est-ce une façon de dire qu’il y aura des potions amères dans les méandres du projet de loi de finances ?
Il faudra encore prendre son mal en patience avant de savoir qui sera ou non au Gouvernement et ce que contiendra le budget. En attendant, les militants républicains savourent une victoire, dont ils avaient perdu l’habitude.
