Alvise Pérez, Leila Chaibi et Rima Hassan ont reçu des sanctions au Parlement européen, en raison de leur conduite inappropriée.
L'Europe

Rima Hassan et Leila Chaibi sanctionnées au Parlement européen

Si on ne compte plus les rappels à l’ordre à l’Assemblée nationale, les sanctions au Parlement européen semblent être plus rares.

Mardi 10 2026, ce sont les députés européennes Rima Hassan et Leila Chaibi qui ont reçu des sanctions de la part du Parlement européen. Un troisième député, Alvise Pérez est également concerné.

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Les enregistrements pirates d’Alvise Pérez

Alvise Pérez est un député européen espagnol, siégeant chez les non-inscrits. C’est un influenceur qui appartient à l’extrême-droite espagnol, qui a lancé son parti politique le 12 octobre 2025, intitulé « la fête est finie ». Comme le relèvent nos confrères de Libération, il avait réussi à obtenir 4,58 % des suffrages lors des élections européennes. C’est assez pour obtenir trois sièges.

Il lui est reproché d’avoir enregistré, durant la session plénière, une conversation entre un député et un membre de l’administration, sans leur autorisation et d’avoir diffusé cet enregistrement sur les réseaux sociaux.

Il perd dix jours d’indemnités parlementaires et est suspendu des travaux de la plénière durant quatre jours. Le député avait fait recours, mais, le Bureau a confirmé la sanction, qui devient effective à partir du 10 mars 2026.

Très actif sur les réseaux sociaux, il a commenté sa sanction en indiquant qu’il était scandaleux de percevoir 3500 € pour dix jours de travail et qu’il n’avait fait que relater le sexisme d’un député socialiste. Il a aussi reposté la vidéo litigieuse.

Ce n’est pas la première fois qu’il est sanctionné. Lors de la séance du 31 mars 2025, il avait écopé d’une perte d’indemnité de deux jours, pour avoir enfreint les obligations de transparence.

L’incident diplomatique de Leila Chaibi

Leila Chaibi (LFI) est aussi privée d’une partie de son indemnité parlementaire, mais la sanction est moins lourde. Il lui est reproché de s’être enregistrée et d’avoir fait des gestes inappropriés lors du discours du roi d’Espagne. Le monarque s’exprimait dans le cadre du quarantième anniversaire de l’adhésion de l’Espagne et du Portugal à l’Union européenne. Leila Chaibi a ensuite diffusé cet enregistrement sur les réseaux sociaux.

Le Parlement européen considère que cela porte atteinte à la réputation de l’institution. Elle a donc été sanctionnée par la perte de deux jours d’indemnité parlementaire, ainsi qu’à une suspension temporaire à la participation aux prochaines sessions plénières durant lesquelles des chefs d’État ou de gouvernement seront invités à s’exprimer. Leila Chaibi n’a pas fait de recours, la décision est définitive.

Sur son compte X (anciennement Twitter), la député, plutôt connue pour son sérieux, a pris la chose avec humour.

Le blâme symbolique de Rima Hassan

Quant à Rima Hassan (LFI), il lui est reproché d’avoir enregistré, à son insu, un député européen et d’avoir diffusé l’enregistrement sur les réseaux sociaux.

Elle a écopé d’un blâme. C’est la sanction la plus légère. Cela n’a aucun impact sur ces indemnités ou sa présence en session plénière.

Elle n’a fait aucun commentaire sur son compte X.

Le name & shame du Parlement européen

C’est l’article 183 du règlement intérieur du Parlement européen qui définit les sanctions applicables aux députés européens. Cela va du blâme, équivalent du rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal à des pertes d’indemnités et à la suspension des participations.

Cependant, contrairement à l’Assemblée nationale, le Parlement européen impose une autre sanction : la publication.

C’est ainsi que les trois députés concernés ont vu apparaître sur leurs fiches personnelles, sur le site du Parlement européen, un nouvel onglet : sanctions. Il renvoie vers le procès-verbal, énonçant les faits et les sanctions. Comme au Palais Bourbon, c’est la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola qui est chargée de la police de l’institution, mais, elle s’appuie sur une instance collégiale, le Bureau, pour énoncer les sanctions et comme en France, le député concerné peut faire entendre ses arguments.

La sanction de Rima Hassan restera visible sur sa fiche durant deux ans, tandis que celles d’Alvise Pérez et de Leila Chaibi le seront durant trois ans.

À l’Assemblée nationale, il n’existe pas un tel regroupement d’informations. Pour les simples rappels à l’ordre, il faut lire les comptes rendus et pour les sanctions plus graves, consulter tous les relevés du bureau. On apprécierait une telle centralité des informations.


Mise à jour du 13 mars 2026 à 19 h 10 : sur les 718 députés européens, cinq ont reçu des sanctions : Rima Hassan (LFI), Leila Chaibi (LFI), Grzegorz Braun (Confédération de la Couronne polonaise), Diana Iovanovici-Șoșoacă (SOS Roumanie) et Alvise Pérez (La fête est finie). Braun, Iovanovici-Șoșoacă et Pérez sont tous non inscrits et sont politiquement à l’extrême-droite de l’échéquier politique dans leurs pays respectifs. Pérez et Braun ont reçu deux sanctions, les autres, une.