Avec les élections au sein des commissions permanentes, le doute est levé : Les Républicains font partie de la majorité.
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Trouvé éjectée, Juvin catapulté et Portier hissé : la droite républicaine est officiellement dans la majorité présidentielle

Si hier, les députés devaient choisir leurs nouveaux vice-présidents, aujourd’hui, c’était un enjeu plus politique qui devait se dérouler : l’élection des présidents de commissions permanentes et des rapporteurs.

En effet, tous les ans, en début de session ordinaire, les députés doivent renouveler les postes au sein des commissions permanentes : président, vice-présidents, secrétaires et pour la commission des finances, le poste de rapporteur général du budget et pour la commission des affaires sociales, celui de rapporteur du budget de la Sécurité sociale.

Lorsqu’il y a une majorité claire et une opposition claire, les postes sont renouvelés presque automatiquement, au point qu’on oublie ces élections. Mais, en cas d’Assemblée nationale fracturée en plusieurs blocs, comme c’est le cas actuellement, les choses sont beaucoup moins simples.

Hier, Hélène Laporte et Sébastien Chenu ont été élus vice-présidents avec le soutien de la majorité présidentielle et de la droite républicaine. Le deal était simple : si le RN avait des postes au sein du bureau de l’Assemblée nationale, ils feraient preuve d’une certaine bienveillance envers la droite de Laurent Wauquiez et envers les députés du bloc centriste.

Trois personnes devaient être sacrifiées pour cela : la première est Aurélie Trouvé (LFI), qui était jusqu’à hier, présidente de la commission des affaires économiques. Elle-même n’était pas optimiste sur le résultat de ce jour et elle a eu raison : c’est Stéphane Travert, député du groupe Ensemble Pour la République qui prend sa place. C’est notamment cette commission qui avait travaillé sur la loi Duplomb.

La deuxième était Fatiha Keloua Hachi (PS) qui avait spécifiquement œuvré pour que la commission d’enquête sur Bétharram puisse voir le jour. Mais, les députés LFI lui avaient adressé des reproches assez salés sur les réseaux sociaux et la majorité présidentielle rêvait de s’en débarrasser. C’est chose faite avec l’élection d’Alexandre Portier de la droite républicaine.

Mais, c’est surtout le poste de rapporteur général du budget qui était dans le viseur d’une bonne partie des députés. Il est stratégique et doit revenir à un député de la majorité, la majorité se décrétant en fonction de la couleur politique du Gouvernement. Charles de Courson, membre du groupe LIOT, était reconnu pour sa technicité et sa maîtrise des finances publiques. Il doit céder sa place à Philippe Juvin, ce qui a deux conséquences politiques.

En envoyant Philippe Juvin en tant que rapporteur, le groupe de Laurent Wauquiez ne peut plus jouer sur l’ambiguïté politique de son groupe. En effet, en fonction des sujets et des jours, on ne savait plus vraiment si Les Républicains faisaient partie de la majorité ou de l’opposition. Les choses ne se sont pas éclaircies lorsque Bruno Retailleau est devenu chef du parti, tout en restant ministre de l’Intérieur. Avec l’élection de Philippe Juvin en tant que rapporteur, il est désormais acté que Les Républicains appartiennent à la même sphère que le bloc central.

De la reconduite ou non de Charles de Courson à son poste dépendait la teneur d’un rendez-vous qui aura lieu cet après-midi. Le groupe LIOT doit être reçu par Sébastien Lecornu. Hier, des députés de ce même groupe ont indiqué qu’il n’appartenait qu’à la majorité présidentielle de faire en sorte que le rendez-vous se passe bien.

« Ou on y va dans un esprit constructif ou avec un couteau entre les dents, cela ne tient qu’à eux ». On espère que la vaisselle de Matignon sera bien à sa place.

Si on peut se gausser du traitement infligé à LIOT, en raison de son faible poids à l’Assemblée nationale, il convient de refaire des mathématiques. C’est bien ce groupe minoritaire et ses 23 députés qui peuvent faire basculer une motion de censure, qui ne manquera pas d’arriver. La seule inconnue en la matière est la date.

Quant aux autres commissions permanentes, tous les députés ont été reconduits à leurs têtes. Éric Coquerel reste président de la commission des finances, Florent Boudié garde la tête de la commission des lois, Sandrine Le Feur celle de la commission du développement durable, Frédéric Valletoux celle de la commission des affaires sociales, Bruno Fuchs aux affaires étrangères et Jean-Michel Jacques à la défense. Thibaut Bazin reste rapporteur général de la commission des affaires sociales.

Les travaux parlementaires restent suspendus pour le moment, en attendant que Sébastien Lecornu procède à la nomination de son gouvernement. D’après nos informations, il est probable qu’il y ait peu de changements par rapport au précédent casting. Le Premier ministre a promis de nommer un gouvernement avant la reprise des travaux parlementaires et un discours de politique générale est programmé pour le 6 octobre 2025. Le Gouvernement devrait donc être annoncé d’ici là.